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Beaucoup de photos, et des mots aussi!

Ces dernières semaines, j’ai eu l’occasion de me constituer une série de photos uniformes dans leur traitement et leur facture. Celle d’aujourd’hui en est un exemple. Un jour prochain, j’espère pouvoir les rassembler en un tout cohérent qui prendra peut-être un sens nouveau, même pour moi, mais d’ici là, je crains votre lassitude. Tous les jours pendant des semaines, une photo sépia, ça devient vite lassant, non? Tant pis, je prends le risque, en me réservant le droit aux apartés, comme ces derniers jours…

J’ai pris cette photo sur une route de terre entre Standstead et Ayer’s Cliff, le mois dernier. C’était mon premier jour de vacances. J’étais dans le coin de North Hatley pour affaires domestiques, et quand est venu le moment de rentrer à la maison, au lieu de tourner mes roues vers la maison, j’ai choisi de prendre une direction opposée pour l’après-midi. J’ai ainsi eu l’occasion de bien salir le 4X4, car à mon avis, un tout-terrain immaculé reste une hérésie.

La composition derrière cette photo semble avoir surgi de mon subconscient; plus précisément de mes souvenirs d’un cours universitaire intitulé Visual Dynamics, que de nombreux étudiants adoraient détester. Durant la première moitié de la session, le professeur, Denis Diniacopoulos, nous avait demandé de faire des exercices élémentaires de composition avec des bandes de papier de couleurs, que nous devions ensuite photographier puis analyser en projections en classe. L’un des exercices consistait simplement à coucher trois bandes de couleurs horizontales dans un cadre. Il fallait aussi faire la démarche avec du noir, du blanc et du gris. Plus tard, des objets découpés dans le carton se sont imposés dans l’approche. Je constate d’ailleurs que ma composition va à l’encontre de tout ce que j’ai appris, et c’est fort bien ainsi.

Honnêtement, nous étions peu nombreux à l’époque à pouvoir dégager de véritable leçon derrière cet étrange apprentissage – moi pas plus que les autres, je l’admets. Pourtant, contrairement à la majorité, j’ai choisi de persévérer dans les autres cours avancés de ce professeur fantasque, notamment parce qu’ils me permettaient d’accéder à une chambre noire. Je n’ai appris la véritable histoire de mon professeur et de sa famille que l’hiver dernier, en tombant sur un article déjà ancien. Si vous comprenez l’anglais, lisez cette histoire de la famille Diniacopoulos : elle est captivante.

J’ai fait partie de ces petits groupes d’étudiants dont il est question dans l’article, qui participaient à des soirées-discussions chez Denis et sa mère. Jamais je n’ai soupçonné que cette maison pouvait recéler de tels trésors. Je ne soupçonnais pas plus alors à quel point ces pénibles exercices, qui enrageaient tant mes camarades de classe, me reviendraient à la mémoire un jour aussi lointain, seul avec mon appareil photo sur une route perdue des Cantons-de-l’Est.

Comments

11 Commentaires

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  1. janvier 14, 2012

    dans l’originalité cette photo aux trois bandes, du noir en passant par le blanc pour finir vers un gris !
    l’oeil du photographe a encore frapper !
    beau samedi Nicolas

    • janvier 14, 2012

      Merci, Gaël. Beau dimanche à toi (décalage horaire :)

  2. janvier 14, 2012

    This is one of your finest. Yes.

  3. janvier 14, 2012

    Je ne me lasserais pas Nicolas, tes photographies sont toujours belles, je te suis par Fbook, même si je ne laisse pas toujours de com. ici, sache que je suis fan de tes photos riress

    Marie qui te dit de continuer ta belle lancée

    • janvier 14, 2012

      Merci Marie. Je vais essayer de ne pas te décevoir. :)

  4. janvier 14, 2012

    Bien vu Nicolas, trois bandes où la présence des arbres ajoutent une touche de vie. Moi, je ne me lasse pas du sépia. Mais c’est une bonne idée d’alterner. Ce genre de cours ouvre nos horizons et nous permet de connaître les styles et, par la suite, expérimenter à notre guise. Si c’était ennuyeux à suivre, c’est peut-être à cause du prof, ils ne sont pas toujours intéressant à écouter. ;)

    • janvier 14, 2012

      Le prof était ennuyeux dans sa façon d’enseigner, mais certainement pas pour ses connaissances. J’en garde de bons souvenirs, même si j’avoue avoir déjà écouté durant tout un cours sur mon walkman le dernier U2 de l’époque, The Joshua Tree, que je venais d’acheter le matin même…

  5. janvier 20, 2012

    Très joli… Watson doit être d,une maigreur, s’il est obligé d,accompagner le photographe. je suis un peu découragé pour lui….

    • janvier 20, 2012

      Watson est celui qui tire. Moi je suis celui qui s’arrête tout le temps.

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