Prenons un peu de recul sur la photo d’hier, modifions légèrement l’angle et attribuons lui un traitement numérique différent. Le jour où j’ai pris cette série, je me suis arrêté une bonne douzaine de fois sur une distance de quinze kilomètres pour capturer tout ce qui captait mon regard. J’étais seul, et aucune contrainte ne venait dicter ma conduite. Ce même jour, j’ai d’ailleurs aussi pris la photo suivante, et bien d’autres que je n’ai pas encore publiées.
Le plus difficile pour moi est la conduite sur les autoroutes, et plus particulièrement les ennuyeuses, comme la 20, qui relie Montréal et Québec. J’ai alors tellement de temps à tuer, et mon champ de vision a une telle liberté pour observer les détails qui défilent, que j’en deviens presque fébrile. J’ai bien dû compter une vingtaine de photos mémorables à prendre, lors de mon dernier passage sur cette autoroute, la semaine dernière. C’est encore plus saisissant quand le soleil d’hiver tombe bas dès le début de l’après-midi, et que des nuages sombres à l’opposé viennent contraster l’horizon. Alors, tout deviendrait prétexte à s’arrêter pour prendre une photo : ici, une pancarte solitaire et vide au milieu d’un champ; là-bas, un entrepôt industriel tellement laid qu’il en devient surréaliste. Bien sûr, je ne m’arrête pratiquement jamais, car nous avons des horaires à respecter, et le traffic ne pardonne pas les rêveurs, mais ce n’est certes pas l’envie qui manque.
Que dire encore de tous ces portraits perdus, chaque jour : ici, ce regard que l’on voudrait fixer dans le temps, là, ce geste que personne ne reverra jamais plus comme on l’a perçu à cet instant… La beauté nous entoure à chaque instant. Il suffit de donner un peu de liberté à son regard, et de voir avec tous ses sens en éveil. Et vous, vous arrive-t-il de regretter de ne pas pouvoir capturer certains moments? En tenez-vous comme moi un inventaire secret, qui revient vous hanter jusque dans vos rêves?

Absolument! Tous les jours! Et, souvent, je dois faire preuve de discipline pour ne pas arriver en retard, ou pire ne pas prendre le champ. Hihi! Surmonter l’envie de m’arrêter et de capturer ces beautés éphémères, m’arrivent donc fréquemment.
Je fais comme toi, je note dans ma tête, ou dans mon cœur, je remercie le ciel d’avoir mes yeux pour voir la splendeur qui m’entoure. Des fois, j’aimerais ne pas (devoir) travailler, pour avoir le loisir de photographier tous ce qui défilent sous mes yeux. lol
J’ai même un petit calepin que je garde dans la voiture, pour écrire mes lieux favoris. Mais maintenant que j’ai un cellulaire, je vais télécharger Ephemeris et dorénavant je n’aurai qu’à l’enregistrer les coordonnées sur ce logiciel. Finit les prises de notes, enfin, celles des adresses. ;)
Es-tu en vacances? Où trouves-tu le temps d’écrire? ;o)
Tu me donnes envie d’écrire un billet là-dessus, ton texte m’inspire.
Hé, Anne! Je viens de retrouver ton commentaire perdu. Il s’était ramassé dans mon filtre à spam, j’ignore trop pourquoi. Je l’ai vu en y faisant du ménage.
Bonjour Nicolas, j’avais écris un long commentaire hier et, ce matin, il a disparu. Bouhou! J’aurais dû attendre avant de quitter la page et vérifier qu’il a bien été enregistré.
Alors, je disais : ça m’arrive régulièrement, pour ne pas dire tout le temps! Le matin, quand je quitte la maison pour aller au boulot, je vois des tas de belles choses à photographier, la lumière est si belle, je dois faire preuve de discipline pour garder l’œil sur la route, sinon je risque de me retrouver dans le décor. hihi! Lorsque nous sommes partis pour l’aéroport, vendredi dernier, la pluie a vite tombé en neige, transformant le paysage en un panorama féérique. Comme si un géant soufflait du sucre à glacer sur les arbres. De toute beauté! Évidement, ce n’était pas le temps de s’arrêter pour prendre des photos, mais laisse-moi te dire que la photographe en moi ressentait une certaine frustration, et ne cessait de s’émerveiller.
Alors, oui, moi aussi je vis ce que tu vis. Une chance qu’on a toute la vie devant soi pour se reprendre. ;)
Dommage pour la perte de ton commentaire initial. :( Pour ce qui est d’avoir toute la vie devant moi, je suis moins optimiste de nature. J’ai souvent l’impression que chaque photo manquée est peut-être ma dernière chance d’exprimer ce que j’ai ressenti en voyant cela.