Je ne sais jamais trop si je dois me désoler ou rire de ces restaurants concepts qui mélangent dans leur décoration et leurs menus toutes sortes de cultures par le truchement de curieux raccourcis intellectuels. Ici, une franchise se disant Thaï par le nom, affiche en grand format le regard d’une geisha japonaise. Sur un autre mur, on voyait des lutteurs sumo, et au bar, on servait du saké. La cuisine au moins était relativement dans les normes. Je sais qu’ailleurs dans le monde, d’aucuns se permettent par exemple de mélanger la cuisine québécoise avec celle des cajuns, en un joyeux pot-pourri du folklore francophone en Amérique du Nord. Cette uniformisation culturelle est sans doute une évolution naturelle de la mondialisation. Les franchises de restaurants sont à mes yeux le fer de lance de cette tendance mondiale à cultiver la (con)fusion des genres et des cultures. Leur créativité ne connaît aucun tabou, au point que je choisirais sûrement d’en rire, si je ne soupçonnais pas les concepteurs de se complaire dans la facilité et la paresse intellectuelle.
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