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Une photo quotidienne ou plus, par Nicolas Grandmangin

Je me souviens que pour prendre cette photo, en décembre dernier, j’ai dû me frotter à des ronces. L’emprise en question ici est bien celle qu’exerce le froid hivernal au Québec. On a beau se plaindre de ne plus avoir autant de neige qu’autrefois, le froid continue de façonner nos vies aussi sûrement qu’il peut créer ces magnifiques sculptures de glace.

Je vais bien trois ou quatre fois par année au parc de Johnville. Chaque fois, j’y traîne mon appareil. Curieusement, je constate que je reprends pas mal les mêmes sujets, d’une saison à l’autre. Ainsi, je suis à peu près certain d’avoir déjà pris ce vieil arbre mort en photo. Par contre, c’est la première fois que je suis satisfait du résultat. La neige aide à souligner les contrastes.

Il existe une expression anglaise parfaitement appropriée pour accompagner cette photo : Walking on thin ice (marcher sur de la glace mince, littéralement). En français, je suppose que la plus proche expression serait : « Marcher sur des oeufs ».

Cette photo, de même que celles des derniers jours avec les dunes et les bateaux, ont toutes été prises avec ma plus mauvaise lentille. Elle venait avec mon appareil lorsque je l’ai acheté. C’est une lentille acceptable comme passe-partout, mais elle démontre vite de sérieuses limites, notamment en vignettage. J’avais d’autres lentilles dans la voiture, mais l’idée de retourner par ce froid polaire m’a découragé. Ceci pour dire qu’il y a toujours un prix à payer quand on fait des compromis : chaque photo retenue dans cette série m’impose de laborieuses interventions de correction et d’ajustements, avant même de pouvoir envisager en tirer quelque chose d’acceptable.

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