Cette petite embarcation était déposée à la lisière des dunes, non loin de l’Accalmie. Selon ce que j’ai cru comprendre, le propriétaire de la goélette compte s’en servir comme abri durant la durée des travaux de restauration. Ainsi déposée dans la blancheur hivernale, elle m’a inspiré un traitement minimaliste.
L’Accalmie
Alors que nous étions en Charlevoix durant les vacances de Noël, nous sommes partis marcher le long du fleuve, à Baie-Saint-Paul. C’est ainsi que nous avons découvert par hasard l’Accalmie, une vieille goélette que nous avions déjà aperçue quelques années plus tôt, à un autre emplacement à Baie-Saint-Paul. Le navire paraissait avoir souffert des grandes marées d’automne, mais il semblerait qu’un projet de restauration soit toujours dans les projets de son propriétaire.
Cela fait quelques semaines que je réfléchissais au traitement à donner à ces photos. Ce dimanche matin, confortablement installé dans mon salon avec ma famille, je me suis amusé à en retravailler quelques unes sur le iPad avec le logiciel Snapseed. L’intérêt du iPad (ou des tablettes en général), est qu’il nous affranchit de toute contrainte au regard du lieu. Adieu chaise et bureau. On peut désormais créer numériquement n’importe où, et surtout avec les doigts, comme si c’était de la peinture.
L’Accalmie est bateau très coloré, et l’environnement où il était échoué était très blanc, avec des teintes de gris-bleuté. Le contraste était intéressant, mais justement un peu trop prononcé pour ma palette de choix actuelle. Finalement, l’évidence m’a ramené vers le sépia, même si je craignais un peu le côté cliché : un bateau ancien échoué, en sépia… Déjà vu! Finalement, je ne suis pas mécontent du résultat. J’ai choisi une photo avec deux silhouettes, pour vous donner l’échelle. Demain, vous verrez les vraies couleurs de l’Accalmie. Un de ces jours, je compte bien publier une galerie de cette série.
Dimanche zen
Parfois, j’éprouve un profond besoin de silence. Dans mes souvenirs d’enfance, les dimanches servaient à cela. Ils me paraissaient si interminables et ennuyeux, alors…
Près du fleuve
Au terme d’une semaine de travail particulièrement intense, je me tourne vers une image simple qui me réconforte.
Ondes
Point d’ondes, en réalité, mais des strates tout en sinuosités gelées. L’hiver les a emprisonnées entre ses griffes glacées. D’étranges abstractions se révèlent ainsi à un pas de la rive.
Droit devant (ou presque) avec passages orageux
Dans le cadre d’un de mes premiers emplois de jeunesse, pour un festival d’art, j’avais parfois cette attitude ado qui agaçait au plus haut point mon quinquagénaire employeur anglophone. Le matin, il me faisait l’inventaire de mes tâches, et vu le peu d’expérience que j’avais, ses ambitions me semblaient presque insurmontables. Devant ma mine parfois sceptique, mon patron répétait toujours la même phrase, comme une sorte de mantra : If it was easy, we wouldn’t want to do it (si c’était facile, on ne voudrait pas le faire). Je l’entends encore dans ma tête, à l’occasion. D’année en année, depuis cette époque, mes responsabilités professionnelles ont pris de l’ampleur. Elles ne se sont certes jamais simplifiées, même si j’ai toujours eu le choix de suivre des voies plus faciles. Le bougre avait raison.
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La route sur la photo donne l’illusion d’être droite, mais un panneau au loin suggère un changement de cap à l’horizon. Elle est aussi crevassée de nids de poules et sa surface est constituée d’une glaise glissante à souhait. Les nuages au-dessus, pour autant menaçants qu’ils semblent, ne produiront finalement aucun éclair, ni pluie.
Canette sauvage
Pratiquement partout où l’on va, on peut avoir l’assurance que quelqu’un nous y a précédé. Trop souvent, des indices subsistent, qui en disent long sur les valeurs des pionniers.
Cuisine confusion
Je ne sais jamais trop si je dois me désoler ou rire de ces restaurants concepts qui mélangent dans leur décoration et leurs menus toutes sortes de cultures par le truchement de curieux raccourcis intellectuels. Ici, une franchise se disant Thaï par le nom, affiche en grand format le regard d’une geisha japonaise. Sur un autre mur, on voyait des lutteurs sumo, et au bar, on servait du saké. La cuisine au moins était relativement dans les normes. Je sais qu’ailleurs dans le monde, d’aucuns se permettent par exemple de mélanger la cuisine québécoise avec celle des cajuns, en un joyeux pot-pourri du folklore francophone en Amérique du Nord. Cette uniformisation culturelle est sans doute une évolution naturelle de la mondialisation. Les franchises de restaurants sont à mes yeux le fer de lance de cette tendance mondiale à cultiver la (con)fusion des genres et des cultures. Leur créativité ne connaît aucun tabou, au point que je choisirais sûrement d’en rire, si je ne soupçonnais pas les concepteurs de se complaire dans la facilité et la paresse intellectuelle.







