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Une photo quotidienne ou plus, par Nicolas Grandmangin

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C’est une règle simple à suivre, surtout dans des sports tels que le kayak de rivière, ou même les arts martiaux. Ces deux activités ne semblent avoir aucun rapport, mais pour les avoir pratiquées toutes deux, je vous assure qu’il existe un lien. En kayak, on doit anticiper comment contourner les obstacles tout en se faisant projeter vers eux par le courant. Dans les arts martiaux, on anticipe les coups en s’adaptant aux mouvements de l’adversaire. Ce ne sont que deux exemples, mais il existe une multitude de situations où savoir suivre le mouvement est essentiel. Il est vain de lutter contre un courant plus puissant que soit, sauf parfois brièvement, et alors seulement dans le but de se placer dans le bon axe.

En fait, je ne sais trop pourquoi je suis parti sur ce délire mystique. Peut-être suis-je en train de me rappeler cette règle parce que je sais que j’ai encore trop tendance à l’oublier dans mon quotidien. Peut-être plus simplement que la vue de cette photo me donne envie de me racheter un kayak.

Une canalisation de pierre d'où s'écoule un ruisseau

Je suis assez content du résultat, car je cherchais un angle d’où l’on verrait cette lumière qui perce, de l’autre côté de la canalisation. Pour prendre la photo, j’ai dû attacher mon chien à un arbre avant de m’avancer sur des pierres au milieu du cours d’eau. Mais n’allez pas vous imaginer une autre situation périlleuse : au plus, il y avait 10 centimètres d’eau là où je me trouvais…

Si je me fie à mes statistiques de visites et aux commentaires reçus, vous avez été plus nombreux à apprécier la photo d’hier. Étrangement, c’est celle dont j’étais le plus incertain de la série, sans doute parce que je sais de quoi avait l’air l’originale. Et puis, j’ai un faible pour les paysages surréalistes. La marmite semblait un rien conventionnelle à mon imaginaire, comparée aux précédentes. Mais je sais aussi écouter, et vos avis semblent converger dans le même sens. J’apprends donc de votre regard.

Quelques personnes m’ont mentionné avoir remarqué la texture particulière des nuages. Elles devraient reconnaître les mêmes nuages dans la photo d’aujourd’hui. Cela s’explique par le fait qu’environ une demi-heure et quelques kilomètres seulement séparent ces deux photos. J’éprouve une certaine fascination pour les trains. Ces wagons-citernes étaient comme abandonnés au milieu de nulle part, littéralement à des kilomètres des usines ou des gares de triage environnantes, en plein rase campagne, le long de la rivière Saint-François. Je les avais remarqués à l’aller. Sur le chemin du retour, je me suis arrêté, et ça a donné ceci…